Expression émotionnelle

Sébastien Tisné – Spécialiste de la Respiration, des Thérapies Manuelles et de la Gestion des Émotions – Formateur et praticien de la Méthode Kyma

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Émotions et chemin de Vie douloureux

Notre vie est le résultat de nos croyances et seule la croyance à notre impuissance, nous rend impuissant.

Les émotions créent le destin que l’on subit ou celui que l’on désire. Les seuls obstacles à la flexibilité du corps et à un mouvement respiratoire libre sont les peurs psychologiques.

Face à l’épuisement moral et à la fatigue physique, le cerveau fait des priorités. Il est obligé de sélectionner et de mettre au ralenti certaines parties ou fonctions du corps pour la survie de l’organisme.

Chaque corps est équipé d’une soupape de sécurité qui nous avertit lorsque le corps est submergé de tension, de stress ou de traumatismes. Si nous ignorons son signal, le corps est inondé de tension, ce qui entraîne une contraction et un repli sur soi, entraînant souvent des douleurs ou des maladies suite aux conséquences de l’affaiblissement de la fonction respiratoire.

La pensée est la vie de l’esprit et les émotions sont la vie du corps

Les deux seuls freins à la libre expression émotionnelle/corporelle sont la pression que l’éducation et la société influent sur nous et la peur du regard des autres.

Il est mal vue dans un monde « civilisé » comme le nôtre, d’exprimer ce que l’on ressent de manière primaire, c’est-à-dire de manière spontanément physique.

Il suffit d’observer le calme dans les bureaux des sociétés, le silence des employées assis dans leurs sièges en train de travailler ne reflètent pas le bruit intérieur qu’ils ont en eux. S’ils pouvaient crier ou pleurer devant leurs collègues ou leurs responsables ils le feraient mais s’ils le faisaient, ils seraient petit à petit mis à la porte ou pour ceux qui espèreraient grimper hiérarchiquement, la promotion leur passerait sous le nez.

Alors ils se répriment, ils n’expriment pas physiquement ce qu’ils ressentent. On pourrait citer un tas d’autres exemples du même genre : colère non exprimée par peur de passer pour un/une hystérique, peur non exprimée par peur de montrer une certaine fragilité, joie non exprimée par peur de déranger les autres etc…..

Ces émotions non-évacuées stagnent alors dans le corps et l’accumulation de celles-ci finit par créer des tensions qui elles même finissent pas créer des contractions musculaires.

“L’émotion est la vie du corps “

Le corps a cette capacité à pouvoir se charger en émotion de manière instantanée, que cela soit agréable ou désagréable : joie, colère, peur, tristesse, surprise, dégout etc…

Si il est capable de réagir et créer une émotion de peur par exemple, c’est car son instinct de survie le lui permet afin qu’il puisse se préparer et réagir nerveusement et physiquement au danger (contraction des muscles, rythme cardiaque qui s’accélère etc…), pour prendre la décision nécessaire et rapide (fuite ou combat).

Il est tout à fait normal de ressentir de la peur ou de la colère de temps en temps, bien que des centaines de livres de développement personnel sortent tous les mois pour la blâmer, avez-vous déjà observé le comportement des chats en communauté?

Bien que ces petits êtres paraissent Zen en apparence et dans la maitrise de Soi parfaite, quand l’un d’eux et tranquillement en train de se reposer au soleil et qu’un autre arrive par derrière pour jouer en lui mettant un coup de patte, il arrive que le chat qui reçoit le coup de patte sursaute d’un seul coup et se retourne vers l’autre avec un regard plein de colère.. L’autre a compris la colère de celui-ci et il s’en va trouver une autre occupation… Cela fait partie de la vie des êtres vivant, devons-nous pour autant chercher automatiquement à intellectualiser cette situation jusqu’à la rendre plus importante que ce qu’elle n’est ?…..

A savoir jauger maintenant si cette peur ou cette colère est basée sur des faits réels et si elle est justifiée, c’est tout là l’art de la connaissance de Soi.

La tension émotionnelle d’un corps se libère automatiquement et de manière naturelle si l’expression du corps est libre et notre esprit est le seul à pouvoir entraver cette expression naturelle, en jugeant, en condamnant les propres émotions que nous ressentons et donc en les bloquant :

Exemple :

Je n’ai pas le droit de rire fort à un moment précis car les autres vont penser que je ne suis pas sérieux, ou encore que je rigole pour rien et ils vont me juger et plus vouloir me fréquenter ou me virer de mon travail….?

Ou

Je ne dois pas ressentir cette colère envers mon amis car on me dit toujours de ne pas m’énerver

Ou

Je ne veux pas ressentir cette émotion de peur, il faut que je la bloque dans mon corps pour ne pas que ma voix ou mes mains tremblent, car sinon les autres vont voir ma peur et vont penser que je ne suis pas à l’aise et que vont-ils penser de moi?

Si nous laissons le corps s’exprimer librement il va permettre à l’émotion de s’évacuer naturellement mais si nous bloquons sa fonction d’expression (expiration, soupirs, crie, tremblement, gesticulation, pleurs etc..), non seulement l’émotion ne va pas pouvoir être éliminée mais en plus de cela, elle va créer une tension supplémentaire dans le corps, puis cette tension va ensuite créer une contraction musculaire…

C’est la célèbre image de l’effet ou syndrome de la cocotteminute :

Toutes ces mesures de répressions que nous nous imposons ne font que créer une pression supérieure à celle que nous vivons dans l’instant.

La première angoisse/crainte pourrait s’évaporer naturellement si nous ne la jugeons pas et si nous la laissons s’exprimer, alors la page se tournerait et on passerait à autre chose mais le fait d’avoir empêché l’expression de l’émotion, celle-ci reste dans le corps ( ventre précisément) et elle s’alimente ensuite à chaque fois que des situations semblables à la première se reproduisent : blocage émotionnel.

Penchons-nous sur la partie musculaire du corps car elle prend une place importante dans la compréhension de la Respiration Libre…

Pour que la respiration soit bonne, elle nécessite une liberté totale du corps dans son mouvement. Il est commun d’entendre parler de respiration thoracique, abdominale, pelvienne etc… Je pense que tout cela est juste mais pas suffisant du tout. Une bonne respiration c’est une mobilité du corps entier. La tenségrité des tissus conjonctifs permet au corps et à son mouvement de faire qu’Un.

Cela commence au niveau du nez ou de la bouche, l’air entre et il dilate des fosses nasales puis il poursuit son chemin dans la gorge, larynx,  pour ensuite passer dans la trachée et va continuer sa route dans la cage thoracique. Le diaphragme descend et il a besoin que le ventre soit décontracté pour pouvoir faire son travail de piston. Le mouvement de gonflement et dégonflement du ventre va ensuite entrainer une autre mise en mouvement, qui nécessite une mobilité totale du bassin (plancher pelviens, psoas etc..).

Nous remarquons que le mouvement respiratoire agit sur les nombreuses couches musculaires qui entoure le corps, muscle du cou, de la poitrine (pectoraux), du dos et les abdominaux. Si une partie de ces muscles ou tous ces muscles sont sous tensions/contractions causées par une émotion qui s’est logée dans le corps, ces muscles ne sont pas totalement opérationnels et la respiration ne peut pas être libre et pleine.

Pour terminer sur cette réflexion, je pense profondément que la liberté des mouvements du corps, passe d’abord par l’acceptation du Soi. Si les émotions ressenties dans le corps sont acceptées par le propre regard que nous posons sur nous même, alors le Tout s’exprime il n’y a plus de raisons valables à ce que le corps s’inhibe et se bloque.

Naturellement nous ne prenons pas en compte les contraintes physiques causées par l’extérieur :

Quelques exemples :

  • Le mouvement répétitif qu’un ouvrier peut reproduire quotidiennement jusqu’à créer une inflammation musculaire
  • Inflammation d’un tendon (tendinite)
  • Un coup reçu sur le corps
  • Une blessure sportive
  • Etc..