La Peur

Sébastien Tisné – Spécialiste de la Respiration, des Thérapies Manuelles et de la Gestion des Émotions – Formateur et praticien de la Méthode Kyma

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L’émotion de la peur

Dès notre naissance, nous sommes exposés au danger et l’être humain réagit par la peur. Face à la menace, au danger, il n’existe que trois positions possibles : le combat, la fuite ou l’état statique, (l’inhibition).

La peur a permis aux êtres vivants d’évoluer sans cesse afin de ne pas disparaitre : la peur d’un animal sauvage par exemple, sous l’émotion de la peur, la biche permet à son système nerveux de s’adapter et de fuir face au prédateur.

La peur est donc  positive en soit mais elle peut devenir nuisible et pathologique.

C’est la peur même de ressentir l’émotion de la peur qui devient problématique. Cela crée l’anxiété.

C’est l’anticipation de la peur en somme et non le danger lui-même qui crée les troubles.

La capacité de penser chez l’être humain peut-être une force mais aussi une faiblesse dans certaines situations, car sans la pensée, le corps serait parfois plus libre d’agir instinctivement dans la bonne direction sans que le mental vienne perturber son mouvement naturel.

Le cerveau contient plusieurs zones impliquées dans le traitement de la peur. L’action rapide de l’amygdale ou complexe amygdalien situé dans la région antéro-interne du lobe temporal permet de déclencher les réflexes rapides de fuites ou de défenses.

La fuite ou la défense sont en soit un mouvement intérieur et extérieur. Le corps bouge mais l’état entre les deux, c’est-à-dire ni l’un, ni l’autre, mène à la contraction, à l’état d’inhibition et c’est dans cet état que la respiration se bloque (muscles, tissus, diaphragme).

Le cortex frontal et l’hippocampe sont les zones qui permettent l’analyse des situations de vie que nous vivons et chez certaines personnes le cortex se mobilise de façon « anarchique ».

Une situation simple sans menace peut être analysée de façon « dangereuse » pour certains alors qu’en fait elle ne l’est pas.

Une crise d’angoisse peut survenir brusquement sans causes concrètes et peut engendrer plusieurs symptômes : accélération du rythme cardiaque ; tremblements, transpiration, souffle coupé, vertiges, peur de mourir.  

Les troubles anxieux touchent un grand nombre de personnes et certains entrent dans un cercle vicieux ou des peurs en entrainent d’autres.

L’émotion de la peur présente est ressentie dans le ventre et peut empêcher parfois de respirer profondément. Il devient compliqué dans ce cas là de sortir de cet engrenage car le corps et l’esprit sont «asphyxiés » par le manque d’oxygène et de sérénité.

Quand la peur devient pathologique, elle paralyse et entrave la vie quotidienne : phobies sociales, peur des animaux,  peur du vide, crise de paniques etc…

Certaines personnes cherchent à s’apaiser en fuyant ou en masquant leur mal-être intérieur.

Pour cela ils s’accrochent à certaines sensations fortes, aux drogues, à la consommation excessive de nourriture (ex : boulimie), aux pratiques excessives du sport et un problème en entraine un autre.

Ils deviennent addicts à ces pratiques car sans elles ils se sentent en danger, seuls face à eux même, ils sont dépendants…

Une des clés pour ne pas être victime de la peur et des problèmes qu’elle engendre est l’expérience de la peur et l’expression de celle-ci.

Plus nous habituons l’esprit et le corps à vivre la peur, étapes par étapes, petits pas par petits pas, plus nous habituons l’esprit et le corps à réagir sereinement car ce que nous analysions comme menaces au début, devient de simples situations de vie classiques.

L’expérience et l’expression

Il suffit d’accueillir ses propres émotions comme elles viennent, sans les juger.

Là est le point principal pour pouvoir changer et transcender ces épreuves en expériences. Une fois que ces émotions sont vécues par le corps, l’équilibre intérieur reprend sa place, il n’est pas en état d’inhibition, le corps et l’esprit sont en mouvement.

Quelques exemples et images :

Imaginons que nous avalons un aliment que nous n’apprécions pas :

Une fois qu’il est avalé, l’aliment est descendu dans le corps, il va être digéré par le système digestif, dissous, puis grâce à la gravité son chemin va naturellement descendre et il finira par être éjecter du corps.

Mais une fois que nous l’avons avalé, si par exemple nous nous mettions soudainement à serrer notre ventre de toutes nos forces, les muscles de l’abdomen se mettraient à compresser les viscères et donc l’aliment ne pourrait pas être digéré et éliminé naturellement. Nous deviendrions même constipé et ballonné à force d’être dans cet état de contraction abdominale.

Tous est question de conscience, je suis conscient que je viens d’avaler un aliment que je n’ai pas aimé mais maintenant il est dans mon ventre donc ce qui est fait est fait…Je ne peux que m’en remettre à mon corps en toute confiance et laisser mon organisme digérer et éjecter cet aliment.

Il en est de même avec une émotion : je ressens telle ou telle peur, elle est en train d’infuser dans mon corps : les bras et les jambes tremblent, je transpire. C’est une expérience que nous vivons et nous devons l’accepter, car plus nous acceptons cette sensation, plus le corps exprimera l’émotion et plus facilement nous l’élimineront. Et plus facilement nous l’élimineront, plus facilement la mémoire du corps et de l’esprit n’assimilera pas cette expérience comme un drame mais comme une épreuve qu’il a traversé, et c’est ici que naît la Confiance en Soi.             

Nous avons traversé seul le chemin que nous refusions de passer depuis des années car quelques chiens aboyaient… Nous l’avons traversé et une fois au bout nous avons soufflé un bon coup de soulagement. Nous avons relativisé et nous avons enfin compris que maintenant que nous l’avons fait une fois, nous sommes capable de le faire une deuxième fois et enfin nous pourrons le reproduire encore et encore.

La confiance et la force de l’esprit se développent, nous nous connaissons de plus en plus et les informations qui nous faisaient peur diminuent petit à petit et les croyances que nous avions sur certaines choses disparaissent.

C’est l’évolution de Soi par l’expérience du Soi, le seul et unique DÉVELOPPEMENT PERSONNEL.